Ecrit au lendemain du Référendum sur la Constitution Européenne (mai 2005)

 

Indignité

Dire que certains s’étonnent que le NON pour le traité sur la Constitution européenne soit à 55 %.

Réflexions destinées à ceux qui ne comprennent pas

Nous devrions effacer des frontons des mairies et de tous les édifices publics les mentions Liberté, Egalité et Fraternité.

Ces valeurs que nos pères ont acquises jadis, et défendues à certains moments de l’histoire au prix de leur sang, sont aujourd’hui valeurs galvaudées, même si à les entendre, elles sonnent encore bien à l’oreille.

Elles n’ont plus aujourd’hui de signification, en tout cas pas celles que donne le dictionnaire quand on voit la déliquescence du tissu social en France.

On vous voit vous référez à ces maximes et chanter la Marseillaise lors de vos rassemblements comme si vous en étiez héritiers et dépositaires, alors que vous passez votre temps à combattre la moindre avancée sociale et remettez en question à chaque occasion des acquis sociaux chèrement gagnés par nos pères à la moindre frilosité des investisseurs, comme vous le dites, monsieur Breton, votre stratégie est directement lié au bon vouloir des investisseurs. Vous interprétez notre vote avec votre mauvaise foi coutumière et argumentez selon votre interprétation. Bien évidemment, selon vous, soit on a rien compris, soit la question était trop complexe pour qu’on la comprenne.   

Il ne s’agissait cependant pas d’une question pour savoir si nous sommes pour ou contre l’Europe, si nous sommes pour ou contre la guerre ( si si, on a entendu ça ! ), ou si nous sommes pour ou contre le progrès, et qu’il fallait absolument voter oui car il n’y avait plus aucun autre plan. Pas de plan B, que vous nous dites, et comme on n’a pas compris et qu’il nous fallait des images comme aux illettrés, on voit Giscard se faire une joie de crever un ballon comme n’importe quel camelot ou bonimenteur (remarquez qu’il a l’habitude de se mettre en scène, sa dernière prestation avec son au revoir est dans toutes les mémoires). 

Vous faites comme ces vendeurs qui nous jurent qu’il n’y aura plus de promotion et qu’il faut signer tout de suite. Or, il ne s’agit pas de la dernière promotion pour un article bradé. Il s’agit de donner une réponse à une question et cette question est de taille.

On a bien compris qu’il s’agissait de notre avenir.

Je réitère votre question :

« Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l’Europe ? »

 

Et que nous devions répondre par oui ou par non au texte que vous nous soumettiez.

Or, ce texte qui nous était proposé, on peut l’apparenter à un contrat auquel vous souhaitiez qu’on adhère. Jusque-là pas d’erreur sur l’interprétation de la question ? C’est qu’il faut faire attention et ne pas jouer sur les mots et mélanger tout et son contraire. Donc, si dans ce texte, il y a des articles pour lesquels nous ne sommes pas d’accord, vous trouveriez normal qu’on y répondre par l’affirmative et qu’une fois signé, comme il a été dit, on revienne ultérieurement sur les articles pour lesquels nous n’étions pas d’accord ?

C’est l’absurdité même. Imaginez seulement tous les contrats d’assurance, de vente, de location, de partenariat, de travail, d’actes notariés, de décisions de justice, etc. etc. signés avec cette logique.

Et puisque vous semblez ne pas comprendre les raisons qui ont poussées l’ensemble des Français à voter non et puisqu’il faut vous mettre les points sur les i, lisez le texte brut de décoffrage qui suit, et ne craignez pas les amalgames, il y a une telle quantité de raisons qui émanent de tellement d’informations :

 «  Il n’existe pas un fossé, mais un gouffre qui s’élargit de plus en plus entre les plus démunis, ceux, qui sans travail n’ont plus de toit pour s’abriter, qui ne peuvent subsister que grâce à la bienveillance d’organisations caritatives et ceux qui passent leurs vacances l’hiver sous le soleil des tropiques.

De tout temps, les possédants sont allés chercher les aides à leur mieux vivre et à leur sécurité à l’étranger. Qu’on se souvienne des aristocrates quittant la France en 1789 pour trouver de l’autre côté des frontières les secours et les moyens en armes et en hommes afin de briser dans l’œuf les révoltes d’un peuple qui se libérait des chaînes imposées par les tutelles patriarcales et séculaires des rois, seigneurs et nobliaux de tout acabit.

Aujourd’hui, ce même mot, de « nobles », qui leur était attribué au Moyen âge, ces fameux chevaliers dont se gargarisent encore les demoiselles à particule d’aujourd’hui, encore que nous n’étions pas là pour juger de leur comportement quand leur justice pendait haut et court des serfs ou des vilains ayant l’élémentaire besoin de se nourrir, a perdu tout son sens, mais ils sont toujours là. Ils conservent les mêmes privilèges et les mêmes avantages dont on avait cru un moment les en priver. Ils quittent toujours la France pour trouver de meilleures conditions de vie, de sécurité, de conservation des fortunes dans les paradis fiscaux.

Ils expatrient toujours leurs capitaux à défaut de leurs châteaux, et maintenant leurs usines, avec des raisons qu’ils sont bien les seuls à pouvoir apprécier.

Il est maintenant tout à fait légal de délocaliser et peu importe les conséquences. Il faut tout faire pour sauvegarder l’entreprise, leur entreprise, leur richesse, en tous cas, c’est ce qu’ils font.

Tout le monde trouve ça normal. « N’en feriez-vous pas autant s’il vous était donné cette possibilité » trouvent-ils l’indécence de dire. C’est à celui qui délocalise le plus vite et celui qui ne peut le faire parce que des lois l’en empêchent va se plaindre, de ce que les autres ont eu la possibilité de faire.

C’est la preuve que leur patrie dont ils nous rabattent les oreilles dans les conflits auxquels, ils nous enjoignent de participer en sacrifiant nos vies, alors qu’ils sont bien à l’abri, tranquilles, en train de profiter des petites affaires engendrées par la guerre à l’arrière ou en tout cas loin du front, ne représente rien pour eux ou peut-être seulement et uniquement des habitudes alimentaires, et là, ouvrons une petite parenthèse. Ça se passe encore de nos jours : Une émission de France 2 du Jeudi 19 mai 2005 intitulée « Envoyé spécial » où l’on voit deux reportages qui curieusement se suivent. L’a-t-on fait exprès ? C’est bien possible. Dans le premier, de jeunes militaires sont prêt à tout endurer, on vous passe les détails, pour l’obtention d’un béret, un dérisoire béret vert qui leur donnera plus tard l’occasion d’aller se faire trouer la peau pour sauvegarder les acquis de connards du deuxième reportage qui sablent le champagne à Cannes et dont le seul souci est de savoir avec quel top model ou midinette, ils vont passer la nuit. Fermons la parenthèse.

Oui, que peut être cette Liberté quand elle est tributaire de la recherche des moyens de subsister. Cette Liberté, elle est pour eux et pour eux seuls. Quant à l’Egalité, la Fraternité, ils s’en fichent comme de leur premier catéchisme. Tout juste acceptent-ils de participer à des ventes de charité pourvu que ça ne dérange pas trop leur emploi du temps ou de donner une petite pièce à la sortie de la messe comme le curé le leur a conseillé. Ça leur permet de rester à bonne distance du malheur des autres, de ne pas se salir et de passer immédiatement à d’autres préoccupations comme d’astiquer le blason de l’ancêtre qui leur a léguer un titre de noblesse ou de savoir quelle va être la robe à enfiler pour la prochaine soirée de bienfaisance. Certains qui n’ont pas de titre de noblesse, vont même tout faire pour l’obtenir en acquérant par exemple un château. Pour le pas le nommer, Giscard, le même qui nous a concocté le fameux traité et qui demandait des subsides, des contre parties, des indemnités,  hors de toute proportion pour le travail effectué alors qu’on ne lui avait rien demandé, probablement pour acheter le fameux château, le même pour lequel il a fallu qu’un prétendant à l’immortalité se retire pour que celui-ci puisse entrer sous la Coupole de l’Académie Française.

Toutes ses actions de générosité calculée, de participation à des repas, des spectacles, toutes manifestations organisées aux bénéfices d’œuvres caritatives avec certaines stars, comme on dit, qui payent leur place par leur seule présence, quand elles ne sont pas parfois rémunérées d’une manière ou d’une autre par un dessous de table pour les photos d’un magazine à grand tirage, n’entament en rien leur patrimoine qui continue à prospérer et leur assure le paradis terrestre à peu de frais. On ne sait jamais. Ça leur donne en tout cas bonne conscience et les aide dans leur port de tête.

Oui, ils se fichent des autres qu’ils utilisent jusqu’à ce qu’ils crèvent et les jettent à la rue, quand ils n’en ont plus besoin et les gouvernements qu’ils soient de gauche et encore moins de droite, à leur solde, n’ont aucun moyen d’y remédier.

 

Regarder à nos frontières le zèle de nos douaniers, collaborateurs parmi les plus efficients des fonctionnaires de l’État. Ils nous présentent fièrement devant les caméras les produits qu’ils ont saisis en prétendant, les innocents, qu’ils luttent ainsi pour la défense de l’emploi en France. Enfin, ils font surtout ce qu’on leur dit de faire avec la bonne conscience et la logique de tout fonctionnaire qui se respecte, et c’est ce qu’on attend d’eux, mais ils ont tout faux et ne s’en rendent pas compte. Ils protègent seulement pour un temps les intérêts de quelques-uns et les bénéfices de ceux qui n’ont pas encore trouvé l’occasion de délocaliser leurs usines. Oui, on prétend protéger des emplois en protégeant des produits, mais on ne protège pas les hommes. Des précisions ? On met tout en œuvre pour lutter contre la contrefaçon, par exemple, les amendes, la saisie et la destruction des produits fabriqués dans les pays du Sud-Est asiatique, d’Afrique du Nord, du Sud, ou d’ailleurs, alors que dans le même temps, on exporte nos machines dans ces mêmes pays afin de fabriquer à moindre coût ces mêmes produits qu’ils prétendent protéger, nous laissant imaginer par extension que ce sont nos emplois qu’ils protègent. Ils protègent en fait leurs seuls bénéfices.

Y a-t-il un sens ?  Pour répondre, tout dépend de quel côté on se place et quels sont les intérêts qu’on défend, mais surtout tout dépend si l’on pense ou non à l’avenir.

On se débarrasse dans nos pays des hommes comme d’un outil obsolète, pour en trouver d’infiniment moins chers, dociles, soumis et corvéables à merci dans des pays où l’essentiel est de survivre et peu importe comment.

Et quand les possédants ne peuvent pas délocaliser parce que ce sont des terres qui font leur fortune, il se trouve toujours des aigrefins pour proposer de la main d’œuvre étrangère, et aujourd’hui d’Europe de l’est, bon marché, juste pour le temps d’une récolte.

Continuons. Continuons ainsi. Mais que les possédants ne se réjouissent pas trop vite et qu’ils profitent bien vite de cette manne, cela ne durera pas éternellement car les produits ne trouveront bientôt plus d’acquéreurs, et les marchés aujourd’hui florissants tariront par manque de clientèle, cette même clientèle devenant sans ressources car sans travail. Quant à ceux qui les fabriquent, ils sont si mal rétribués qu’il leur faudrait des augmentations conséquentes pour les acquérir, ce qui ne se conçoit pas si on compte sur la mansuétude de ces exploiteurs.

Un exemple : le 14 janvier 2005, un groupe important de la distribution de cosmétiques et parfums en tous genres, pour ne pas le citer, Marionnaud, vient de passer aux mains des chinois. Ainsi, ils pourront vendre à prix plus attractif des produits qu’ils auront fabriqués au plus bas prix. Alors là, bonjour la rentabilité, et plus de contrôle possible, il s’agit de la même société !  

Que se passera-t-il alors quand ces exploiteurs ne pourront plus écouler les produits qu’ils fabriquent. A force de faire la course au moins disant, les produits bâclés sans acheteurs finiront par faire des montagnes d’ordures dans lesquelles grouillera, comme des vers ou des rats, de pauvres récupérateurs. Ce qui se voit aujourd’hui dans certaines banlieues de métropoles tentaculaires de pays dictatoriaux qui ne contrôlent rien de leur économie et qui se fichent des problèmes sociaux. Leurs dirigeants n’ayant d’autres buts que de s’en mettre plein les poches, poches qu’ils iront reverser par un tour de passe-passe à leur seul profit dans les coffres des banques helvétiques au cas où un changement de régime politique leur ferait perdre leur place. Ça c’est déjà vu. Cela dit en passant, si la Suisse ne fait pas partie de l’Europe, et ne manifeste aucun désir de s’y intégrer, sa position géographique n’étant pas un obstacle bien au contraire, il ne faut pas se demander pourquoi ! Il est d’ailleurs curieux de constater quand on regarde une carte de la fameuse communauté européenne, qu’au beau milieu il y a un trou ! : La Suisse. Il est aussi curieux de constater alors qu’on est en plein débat, à savoir si oui ou non on va accepter le traité sur la Constitution européenne que les Suisses s’en fichent comme de leur première culotte de cuir à bretelles. Et ça n’étonne personne ! La question serait peut-être trop dérangeante.

On a mécanisé la main de l’homme à outrance, au point de remplacer l’homme par la machine, et aujourd’hui on exporte cette même machine. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura tôt ou tard un retour de bâton et les fortunes d’aujourd’hui deviendront poussière.

Tout redeviendra comme avant. Et peut-être avec une guerre mondiale. Une de plus ! L’histoire et ses fameux balbutiements. On aura seulement sacrifié plusieurs générations avant que les possédants ne se suicident dans leurs ghettos sécurisés ou ne se balancent encore une fois par les fenêtres des gratte-ciel parce qu’ils auront trouvé plus voleurs qu’eux.

Vous en souvenez-vous ? Le BIG CRASH de 1929. L’argent ne valait alors pas plus que la valeur du papier qui le constituait, tout juste servait-il à allumer le feu. Et puis, deux guerres mondiales à vingt ans d’intervalle, conséquences directes de manigances économiques, et on ne fera croire à personne que c’est à cause de l’assassinat d’un archiduc en 1914 ou de la folie d’un homme aux desseins les plus abominables en 1939, qui ont fait basculer les hommes dans la guerre totale.

Tous les conflits de par le monde prennent racines dans l’économie et encore aujourd’hui, ce que certains veulent nous faire croire n’est que prétexte. 

Rien ne sert de leçons, on est condamné à reproduire les erreurs du passé. On verra demain encore, c’est plus que probable, les actions, les obligations et toutes ces représentations papiers qui prouvent aujourd’hui la fortune, repartirent en fumée.

Quand on pense que la valeur de certaines actions ne représente que l’espérance de profits virtuels alimentés par des publicités tapageuses et mensongères. Voir les start-up d’hier, et certaines sociétés d’aujourd’hui cotées en bourse, artificiellement surévaluées par le trafic de bilans par et pour le plus grand profit de quelques habiles calculateurs qui vendent au meilleur moment quand l’action est à son maximum et qui se fichent des conséquences, souvent dramatiques, comme de leur première chemise.

Les plus éclairés des boursicoteurs commencent à en avoir conscience. Regardez-les se jeter sur l’or ou la pierre des immeubles d’aujourd’hui, valeurs refuges, après avoir tâté d’hypothétiques rentabilités aux corbeilles virtuelles des bourses internautes. Le résultat ne s’est pas fait attendre. Les prix des appartements atteignent des niveaux inimaginables sans aucune mesure avec l’inflation, à tel point que de jeunes couples s’endettent maintenant pour trente ans dans l’acquisition d’un modeste 3 pièces et encore quand ils en ont la possibilité, les emplois précaires et la crainte permanente de perdre leur emploi les limitant dans leurs espérances. La spéculation joue à tout va. Il n’y a jamais eu autant d’agences immobilières. Dans ce domaine, on peut dire que ça marche et les politiques laissent faire. D’ailleurs que peuvent-ils faire ? Vendre des maisons à un million de francs sans terrain par exemple ? Si, si, sans le terrain ! Merci, monsieur Borloo !

Oui, les politiques ne gèrent en général que le quotidien ou l’après-catastrophe, et à la limite de la compassion comme ça se voit très souvent devant les caméras, à cause d’une opinion publique qui ne voit pas plus loin que la génération qui la précède, et encore quand elle en a conscience. On disait que gouverner c’était prévoir, gouverner, c’est aujourd’hui, ne pas prendre de mesures qui fâchent les électeurs, c’est passer la brosse à reluire et surveiller les sondages d’opinion, comme les industriels se soucier des goûts d’un panel soigneusement étudié avant de sortir un produit, ou comme certaines chaînes de télé, disposer d’un service qui a l’œil constamment rivé sur la courbe audimat.

C’est que voyez-vous, il faut assurer ses arrières. Le bulletin de vote est soumis aux aléas de la mise en image. Ne fait-on pas, après tout, carrière en politique.

Oui, on a pris l’habitude de vivre sans prévoir pour le lendemain.

On a mis tout en œuvre dans la fabrication des machines. C’était la quête du progrès et tous, oui, tous, en conscience, nous avons œuvré dans ce sens. Ces fameuses trente glorieuses. On espérait moins travailler, avoir plus de temps libre pour nous occuper de nos enfants, avoir des loisirs, bref, profiter de la vie, tout en pensant à nos pères qui avaient sué sous le burnous, sans protection sociale, et sans autres revenus au soir de leur vie que les mandats postaux envoyés par leurs enfants. On y était presque arrivé, en tout cas, sous nos latitudes, en attendant d’étendre les bienfaits du progrès à tous les peuples de la terre, pour que, tous, nous profitions des biens acquis et des lois libératrices. C’était en tout cas ce qu’on pensait parmi les gens de gauche.

Au lieu de cela, le progrès a été détourné de sa finalité au profit de quelques-uns. Nous espérions moins travailler, nous n’avons plus de travail. Et le rapport travail/solidarité ne peut plus jouer. De moins en moins de travailleurs, de moins en moins d’employés. La solidarité ne peut plus fonctionner sur les bases où elle a été établie lors de la création de la Sécurité Sociale. Ceux qui travaillent ne peuvent plus désormais cotiser pour un nombre toujours plus croissant d’inactifs, c’est l’évidence même et tout ce travail exporté, c’est autant de ressources qui manquent aujourd’hui à l’ensemble de la population. Mais ne nous trompons pas, ces ressources ne sont pas perdues pour tout le monde. Elles vont remplir les poches de quelques-uns et les coffres des banques.

Un exemple : à la Compagnie Française Thomson Houston, département fils et câbles, quand il fallait cinq hommes pour alimenter, et surveiller une boudineuse de 1967, il n’en fallait plus que deux en 1969 avec une autre machine pour obtenir le même résultat. Cette même machine a été déplacée avec toute l’usine un an après à Bohain dans les Ardennes. Les ouvriers, là-bas,  devaient être moins payés, plus dociles et surtout ne pas faire grève comme il était habituel de le faire dans les années 60, et je n’évoquerais pas l’opération juteuse de la récupération des terrains occupés par l’usine avenue Simon Bolivar, en plein Paris.

Il serait intéressant de savoir aujourd’hui s’il existe encore une boudineuse en France, à supposer qu’elle travaille toute seule. Parions que non, parce qu’il faut tout même l’alimenter et exercer un minimum de contrôle, et pourtant on pose toujours des câbles !

Les câbles sont un exemple, mais pour le reste c’est le même constat. Le textile, les vêtements, les chaussures, les jouets, le petit et gros électroménager, l’horlogerie, la lunetterie, les ordinateurs et autres matériels électroniques, l’automobile, etc. etc. ...  la liste est longue. On fait encore des motrices, des bateaux, des avions, quelques produits spécifiquement régionaux qu’on est les seuls à pouvoir fabriquer pour la bonne et simple raison qu’on est les seuls à pouvoir consommer, ou parce que justement ce sont des produits alimentaires qui ne supportent pas le voyage, mais pour combien de temps ?  Des pans entiers de notre économie ont fichu le camp en Asie ou ailleurs.

Où est passé tout ce personnel ? Et toutes ces dactylos, ces fameuses dactylos, petites mains qu’on utilisait jadis dans les immenses pools de toutes ces sociétés qui existent encore aujourd’hui ou ont seulement changé de nom, comme c’est la mode.

Oui, où sont-elles parties ?  Pointer à Pole Emploi ?

Toutes ces sociétés qui, s’étant débarrassé de leur personnel, engrangent toujours autant de bénéfices. Elles ont tout automatisé et quand elle ne le pouvait pas, ou plus, elles déménagent à l’étranger, quelquefois en catimini pour éviter les frais, comme les indemnités de licenciements par exemple. Oui, elles partent, les machines dans les valises, pour trouver une nouvelle main d’œuvre sous-payée, démunie, sans défense et sans prélèvement obligatoire. Ces fameux prélèvements obligatoires, éternelle lamentation de tout patron normalement constitué sous nos latitudes. Entendez les haros du président du MEDEF contre les charges supportées par les entreprises, il en connaît un rayon.

Là-bas, aucun prélèvement, ou juste la pièce au tyran ou satrape du coin pour qu’il les protège contre tout débordement ou manifestation hostile afin de continuer dans leurs agissements, pour assurer cette politique si avantageuse pour eux. Et s’il y a des problèmes, on change de pays, ou on élimine ceux qui les posent. On ne va pas s’embarrasser pour si peu, aucune loi ne protège les ouvriers là-bas. Ainsi nos nababs, industriels et banquiers français garderont les mains propres, et la tête haute (toujours ce fameux port de tête !) au même titre que les pédophiles occidentaux à la recherche de chair fraîche sous ces mêmes tropiques sans craindre d’être pénalisés par une quelconque juridiction. Il suffit d’allonger les billets de banque. Et quand leur justice s’en mêle, et que nos médias sont interpellés, c’est parce qu’elle estime ne pas avoir reçu assez d’argent pour se taire.

Comment vous appelez ça, vous ? Il n’y a qu’un mot : Trafic   

Eux, appellent ça : Concurrence.

Au nom de la liberté d’entreprendre on est prêt à tous les sacrifices, cela dit, sacrifices qu’on fait supporter par d’autres. Et après, on discute pour supprimer les allocations chômage à ceux qu’on a mis tout simplement à la porte. Ces mêmes gens qui participaient à la création et au devenir de ces mêmes sociétés, qui ont tout fait et œuvrer pour ce qu’elles sont devenues aujourd’hui, des entreprises performantes à la pointe de tout ce qui se fait de mieux, automatisé à outrance aujourd’hui avec un personnel réduit à son minimum, juste la force de vente comme on dit, et l’administratif, quant aux autres, directement liés à la production, tous jetés comme des citrons qu’on a pressés et qui n’ont plus de jus.

Il ne se passe pas une semaine sans qu’on entende parler de licenciements et le comble c’est que certaines sociétés dégagent des bénéfices liés directement aux efforts de ceux qu’on licencie. Il n’y a plus de mérite. C’est le monde à l’envers. Encore une preuve que la monde de l’argent n’a rien à voir avec celui qui travaille.

Vendredi 27 mai. Dernière nouvelle. Il parait que le chômage a baissé de 0,056 %. Est-ce pour nous inciter à voter oui ? Peut-être, en tout cas le résultat c’est qu’on trouve l’annonce indécente.   

L’ANPE croule sous les demandes d’emploi, l’UNEDIC craque de toutes parts. On voit de plus en plus de jeunes sans emploi, sans moyens, sans avenir. Regardez les banlieues, ces fameuses cités avec leur taux de chômage, plongées dans la désespérance. 

On s’étonne aujourd’hui de voir tous ces marginaux, ces « sans domicile » (pourquoi on ajoute « fixe » ? ça, c’est une question. Ils n’ont pas de domicile du tout, comment voulez-vous qu’ils se fixent, c’est encore un mot venu de la France d’en haut pour définir les petits et les ranger dans une case à trois lettres), allongés la nuit sur les trottoirs à la recherche d’une bouche de chaleur, à la porte des boulangeries et des églises à quémander une pièce pour manger ou pour boire.

Mais nom de dieu ! On est plus au Moyen âge. On n’a plus rien à faire de la charité et de la compassion, qui assurent le paradis aux généreux donateurs.

Et que veut dire Egalité ? Fraternité ?  Rien ! 

C’est toute la société qui est en train de sombrer, qui craque de tous côtés et ce sont toujours les plus fragiles qui sombrent les premiers. Et que fait-on pour remédier à cet état de chose. Rien. En tout cas rien en amont, et les œuvres caritatives parent au plus pressé. Quant à nous, on se contente de donner la pièce pour nous débarrasser d’un sentiment qui nous fait peur. Un sentiment diffus, insidieux. Précisément le sentiment que ce destin pourrait nous être, à nous aussi, réservé et la pièce qu’on donne s’apparente plus à de la superstition pour conjurer la fatalité qu’à un geste empreint d’une générosité désintéressée. Sait-on jamais ? Il se pourrait que ce soit bientôt notre tour.

Oui, que n’ouvrent-ils pas leur yeux, tous ces énarques, ceux qui devraient prévoir, tous ces gens sortis des grandes écoles qui se cooptent entre eux aux sein de réseaux savamment entretenus, qui se soutiennent les uns les autres, ayant les mêmes intérêts avec quelquefois des dossiers pouvant compromettre les petits copains, tous ces donneurs de leçons qui nous gouvernent avec suffisance en nous donnant l’illusion qu’ils sont les seuls à comprendre, mais qui ne se soucient en fait que de leur carrière ou de leur future et hypothétique réélection. Oui, que font-ils ? Ils organisent seulement leur propre bien-être pour vivre aux frais de la princesse (dernier iceberg passé à la postérité parmi tous les autres : Hervé Gaymard). Ils occupent le devant de la scène, médiatisent à outrance leurs actions en gesticulant face aux caméras afin de nous faire croire qu’ils sont les seuls à pouvoir résoudre nos problèmes, alors qu’en réalité, ils ne pensent qu’à leur propre devenir. Quand un homme politique, pour ne pas nommer, N. Sarkozy, alors ministre des finances se croit obligé de se rendre chez Drucker pour faire sa promotion (peut-on appeler ça autrement ?), on peut toujours en discuter, mais quand celui-ci prétend faire 3 journées en une, il nous prend vraiment pour des cons, d’autant plus qu’on voit le personnage faire du vélo en famille avec l’animateur à la Baule, et qu’à un autre moment dans un autre reportage il fait encore du vélo mais cette fois-ci à Cannes en compagnie de Virenque. Même, si on a rien contre le cyclisme, on a tout lieu de se demander à quel moment le ministre s’acquitte de sa fameuse journée de travail, et quand son successeur au même poste, aussi curieux que cela puisse paraître, déjà cité plus haut déclare faire 120 heures de travail par semaine et que c’est la raison qui l’a empêchée de s’occuper du choix de son appartement de 600 m², la ficelle est encore plus grosse. Décidément les 35 heures donnent tellement de boutons à nos ministres des finances qu’ils ne se rendent même pas compte de leurs propos.

Oui, on voient tous ces énarques, tous autant qu’ils sont, les uns passant par la case de fonction publique, en général les ministères, le temps de se faire des relations avant d’intégrer la direction des banques, les trusts multinationaux, la diplomatie, les hautes fonctions au sein de l’Europe, les directions d’entreprises publiques en voie de privatisation, tous nommés dans et par les hautes sphères pour suivre les doigts sur la couture du pantalon, les ordres venus d’en haut et qui permutent les postes comme on fait dans l’intérim quand ils ne se dirigent pas directement vers la politique afin d’aider les petits copains des autres secteurs. On s’entend tellement mieux quand on regarde par le même bout de la lorgnette, quand on parle la même langue, quand on a des intérêts communs, mais attention, sans pour autant pratiquer le délit d’initié. En tous cas, on ne nous fera pas croire que des informations ne circulent pas avec tous ces scandales politico-judiciaires de ces dernières années. Enfin ! Quand les magistrats en prennent connaissance par le biais de l’opinion publique. Quand on mange à la même table, comment voulez-vous que les informations ne circulent pas et qu’on ne s’échange pas les ordres de mission. Ah, on s’entend bien en haut lieu ! Il y en a même qui font partie de la même famille.

Patronat, ministère même combat !

Oui, comment voulez-vous que ces gens-là défendent le type qui perd son emploi, l’agriculteur, le pécheur, le médecin, les salariés d’une entreprise qui s’expatrie en Europe de l’Est ou ailleurs pour faire plus de bénéfices. Comment voulez-vous que ces gens-là se préoccupent de la désertification  de nos campagnes, des classes surchargées des villes quand l’école ne disparaît pas tout bonnement comme le bureau de poste dans les villages, des vieux, des malades... la liste est longue, bref, des laissés pour compte de l’économie libérale où n’a d’intérêt que ce qui rapporte… le plus vite possible !

Oui, quand on voit tous ces énarques de la politique ayant obtenu la consécration suprême en devenant secrétaire d’Etat ou mieux, Ministre, brûler d’impatience à promulguer des lois quand on ne leur demande rien, parce qu’il faut bien justifier une récente nomination, lois qui seront presque immanquablement et immédiatement remises en question par ceux qui leur succéderont aux mêmes postes, si elles ne sont pas tout simplement abrogées avant leur application par une manifestation de rue ou par un ordre discret des lobbys ou du patronat, ceux de la sphère d’en haut, on se demande vraiment à quoi ils servent.

Oui, le progrès du début du siècle nous laissait à tous espérer des jours meilleurs. On l’a détourné pour n’en faire plus qu’une usine à pognon.

Faire le plus possible de fric, c’est tout ce qui compte. Utiliser l’argent seulement pour faire de l’argent. La libéralisation chère à certains de nos hommes politiques, la gestion de la Mondialisation, comme ils disent. Bref, le MARCHÉ, et on a tout dit. Faire entrer dans l’Europe en effaçant soixante ans d’économie communiste des pays dont le niveau de vie est inférieur aux nôtres sans se soucier des conséquences à plus ou moins long terme, ce n’est pas parce qu’on a bon cœur, c’est pour trouver à notre porte une main d’œuvre meilleur marché dans la plus totale légalité. Et maintenant dans nos pays de l’ancienne Europe, celle des quinze, tout ce qui ne rapporte pas immédiatement est voué à la délocalisation, au rancart ou à la vente pure et simple.

La libéralisation de l’économie, chère à la plupart de nos hommes politiques qui ne tarissent pas d’éloges sur ce qui se passe en Angleterre alors que ceux-ci n’ont plus de construction navale, leur fameux « Queen Mary » a été construit à Saint Nazaire (par des indiens !), le dernier fabricant d’automobiles, Rover, a fermé ses portes en début d’année mettant tous les gens à la porte sans indemnités d’aucune sorte. Quand on pense que le Royaume Uni a été au cœur de la révolution industrielle, que sa flotte dominait le monde, que le premier chemin de fer était anglais et que ses automobiles étaient parmi les plus convoitées au monde, il y a tout lieu de s’interroger sur ce qu’ils construisent encore aujourd’hui et c’est à se demander si c’est aussi ce que veulent nos élus, qu’on s’adonne au sport roi, le football , qu’on, remplisse les tribunes des stades et qu’on noient nos espoirs dans le vin, comme le font les anglais dans la bière. En attendant, on en prend le chemin. Des départements de certaines sociétés, voire des sociétés entières sont bradées à l’étranger parce que, soi-disant, elles n’ont pas obtenu les résultats escomptés. Enfin, c’est ce qu’ils disent. Mais quand on gratte un peu, pour analyser le pourquoi, on apprend que ces mêmes sociétés, ont distribué par le passé ou tout récemment, juste avant l’opération, des salaires, des stock- options, des primes, des intéressements ou des avantages de toutes sortes qui dépassent l’entendement à certains dirigeants fictifs ou réels. Regardez Moulinex et tous ces scandales relevés par les Tribunaux de commerce !

Bon dieu ! On se demande ce que sera demain avec tous ces enfants qui naissent. Si à terme ce progrès sert à affamer les gens, et à les jeter à la rue, c’est que quelque chose ne va pas dans ce fichu progrès. C’est qu’il faut arrêter de penser avance technologique qui ne veut plus rien dire et se rapprocher des idéaux que défendaient nos pères spirituels, nos philosophes, enfin ceux qui jadis éclairaient nos lanternes, ceux qui entre parenthèses ont été les premiers à faire bouger l’Europe. Ceux qui avaient une idée de ce pouvait être l’égalité et la fraternité, et qui ne comptaient pas sur un hypothétique paradis après la mort.

Quand on pense qu’aujourd’hui, les laboratoires ne travaillent à l’élaboration de nouveaux médicaments que s’ils peuvent faire le maximum de bénéfices. Qu’ils empêchent par le verrouillage de brevets, l’accès aux soins à toute une population au seuil de la mort, Regardez l’Afrique, on ne peut que s’empêcher de penser que Pasteur, lui, n’a déposé aucun brevet. Mais c’était une autre époque, très loin de la nôtre, celle d’une générosité désintéressée. Pour n’en citer qu’une seule, celle du docteur Albert Schweitzer à Lambaréné.

Oui, puisqu’on parle de l’Afrique, parlons de l’Afrique. Responsabilité ultime de l’Europe, tout simplement parce qu’elle y puise des richesses en échange de rêves. Responsabilité directe de ce qui se passe en Afrique face à l’histoire, l’Europe, oui l’Europe et ses pays fondateurs comme on aime à le dire, en première place, la France et ses prétendus bons sentiments, l’Angleterre, éternelle rivale et maîtresse des mers et des terres australes à l’époque victorienne, l’Espagne et le Portugal se partageant le monde de part et d’autre d’un méridien bien avant que les deux premiers se décident à en faire autant en Afrique, et finissent par se mettre d’accord sur le dos de celle-ci à Fachoda, l’Allemagne après sa réunification se jetant sur les miettes des empires déchus, ottomans et autres, et l’Italie également unifié après des siècles de divisions avec ses vues de grandeur mussolinienne en retard d’un siècle sur la Cyrénaïque.

Oui, l’Europe, qui soit disant n’a pas encore de constitution, n’a pas attendu d’en avoir pour être responsable d’un nouveau génocide, d’un nouvel holocauste avec le SIDA qui décime des populations par centaines de milliers sans compter les guerres intestines entretenues par des puissances qui n’ont rien à voir avec ce continent à part des intérêts économiques sordides, ont fait plus de morts en quelques années qu’il n’y en a eu dans le monde entier pendant toute la durée de la guerre 39-45. Burundi, Ruanda, Darfour, Zaïre, Angola, Somalie, Mozambique… vous êtes au courant ? Et toutes ces échauffourées sporadiques qui ne valent pas la parution d’un article dans les journaux d’actualités ou les flashs télévisés tout simplement parce qu’il y a absence d’images ou que les morts n’ont pas la couleur sensée émouvoir la bonne conscience blanche.

Oui, toutes ces populations qui avaient espéré s’en sortir dans l’espoir de mieux vivre, dans d’hypothétiques et surréalistes indépendances d’un jour mais toujours accrochées par l’esprit à l’Europe comme à un Eldorado. Il suffit pour s’en convaincre de regarder aux portes de l’Europe ses grappes d’hommes et de femmes, rejetées, transbahutées, d’un camp de transit à un autre camp de transit pour finalement être renvoyées dans leur pays d’origine quand ils ne sont pas déjà, par la décomposition de leurs corps, en train de nourrir les poissons de la Méditerranée.

Regardez l’ancienne Afrique équatoriale et occidentale ex-française, comme on l’appelait il n’y a pas si longtemps ; elle est pratiquement toujours sous dépendance et les dirigeants qui sont à la tête de ses pays sont tous liés économiquement à la France et toujours plus ou moins encore aux ordres du quai d’Orsay. Il suffit de voir sur place les garnisons entières de parachutistes ou de la Légion étrangère, prêts à séparer des belligérants qui se disputent le pouvoir ou pour ramener un ordre précaire car les populations ne supportent plus les excès des gouverneurs en place. Dernier exemple, la mise en question de la légitimité d’un fils qui utilise une parodie de démocratie pour s’assurer la prise du pouvoir, avec la bénédiction de la France, s’il vous plaît, et sans oublier ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Il n’y aurait pas eu de morts parmi nos troupes et ce journaliste tué malencontreusement par un policier ivoirien, on n’en aurait peut-être même pas entendu parler. 

Oui, en Afrique, on laisse les choses en place comme partout, surtout ne rien changer, c’est le leitmotiv, L’Europe tire les ficelles et tout le monde se sert et puise dans ses ressources naturelles comme au temps des colonies. Les indépendances n’ont rien changé, on a seulement mis en place des dirigeants de paille, pour bluffer la population et lui faire penser que c’est quelqu’un de chez eux qui dirige, jusqu’à ce que ce dernier se fasse remplacer par un autre plus malléable pour nous et plus dur vis à vis des siens.    

L’Afrique est un réservoir ou l’on se sert sans état d’âme, que ce soit les ressources de son sous-sol avec ses diamants, son pétrole, ses minerais, ses matières premières, quand on ne puise pas des denrées alimentaires là où même sévit la famine. La perche du Nil, vous connaissez ? La Tanzanie, vous connaissez ? C’est une ancienne colonie anglaise et les anglais, ils n’en ont rien à faire de la Tanzanie. Leur prince d’opérette et sa Camilla les occupent assez. Pour parler de ce poisson, il y en a sur tous les étals au marché à 10 euros le kilo. Vous n’avez jamais vu la tête de ce poisson et pour cause, ce sont les enfants qui les mangent là-bas avec les vers des mouches qui pullulent dans les yeux. Vous n’avez pas vu le documentaire intitulé « Le cauchemar de Darwin » ? C’est bien dommage, vous seriez édifiés. Figurez-vous que les blancs interrogés dans le film appellent ce marché « bizness » et ferme les yeux parce que pour eux c’est une sauvegarde de les fermer. C’est l’horreur à l’état brut. A côté le film « Massacre à la tronçonneuse » qui n’est qu’une fiction pourrait passer pour un film destiné aux enfants de dix ans.

Oui, pour l’Afrique, c’est la mort programmée pour des millions d’êtres humains.

Tout ça pour le pognon ! Sans oublier en France le scandale du sang contaminé et de l’hormone de croissance.

Et que penser de la charité télévisuelle qui titille judicieusement nos glandes lacrymales car le budget de la recherche, gelé comme on dit, ne prévoit pas la lutte contre certaines maladies pudiquement appelées orphelines. Quand on voit madame Chirac, s’occuper de nos pièces jaunes, pas les siennes, les nôtres, on se demande si ce ne sont pas des réminiscences du temps où elle s’appelait Mlle Chaudron de Courcelles. Du temps où les œuvres de charité étaient dévolues aux femmes de la noblesse et de la haute bourgeoisie pendant que leurs propres maris écrasaient la classe ouvrière.

Quand on pense qu’elle a monopolisé une cohorte de gendarmes pour chercher des canards qui avaient disparu du parc de l’Elysée. C’est proprement lamentable, si on en riait pas avec les guignols, il y aurait de quoi pleurer. Et nous, on est là à applaudir de nos deux mains à chacune de ses apparitions télévisuelles avec aux bords de ses lèvres le rictus caractéristique et dédaigneux des bourgeoises du 16ème arrondissement. A certains qui vont me dire qu’elle paye de sa personne, je leur répondrais qu’elle n’a que ça à faire et qu’elle n’a pas besoin de se lever à six heures du matin et de rentrer chez elle « à pas d’heure » pour assurer sa subsistance, ce n’est pas nécessaire, on a appris récemment que c’était nous qui payons ses frais de bouche. Oui, pour assurer sa propre subsistance, comme ces employées de la grande distribution, c’est un exemple parmi d’autres, qui ont plutôt intérêt à filer droit car la porte est là, grande ouverte. Oui, ces employés de la grande distribution auxquels on dispute des tickets restaurant alors que dans le même temps on se débarrasse de leur président à coup de millions d’euros.

Elle, Madâme Chirac, il lui suffit d’apparaître ou plutôt de paraître, comme ces reines qui visitent les hôpitaux, en minaudant, la larme à l’œil, et qui une fois la porte de leur limousine refermée passent bien vite à d’autres préoccupations comme et l’exemple nous a été montré par la télé celle de s’occuper des roses de ses parterres élyséens. Oui, ces reines ou ces femmes de présidents, prédestinées à répandre la charité et qui visitent la misère, comme nous, nous visitons leurs châteaux en faisant bien attention à ne pas dépasser les limites imposées pas le circuit balisé pendant les fameuses journées du patrimoine, quand elles ne font pas payer la visite en dehors de ces périodes.

Il serait peut-être temps d’arrêter les conneries et de se pencher sur le devenir de l’homme et de sa place sur la Terre, mais le tout est de savoir où est la dignité, sa propre dignité, la dignité de l’homme.

Beaucoup ne savent plus ce que c’est, parce qu’ils l’ont déjà perdue.

Qu’ils continuent à profiter de l’île de la Réunion, des Maldives, ou des Seychelles en hiver, de la neige à Mégève, Gstaad, Courchevel ou Saint Moritz, des vacances à Marrakech, Saint Bart’, Tahiti, Acapulco, “Maïami” (don't forget the accent !), ou ailleurs, des parcours de golf de Saint Nom la Bretèche, Feucherolles, la Boulie, des tournois de tennis au Pré Catelan à côtoyer le show-business, sans oublier la fréquentation de Cannes et de Roland Garros à bonne date.

On les voit dans tous ces endroits afficher leur superbe vis à vis du personnel qui les sert et de certains qui paraissent les envier.

Sous des apparences flatteuses, ils sont déjà pourris de l’intérieur.

Et quand, sous ces fameux tropiques, un raz de marée balaye tout sous son passage, qu’il laisse plus d’une centaine de milliers de morts, presque autant de disparus, une économie déjà précaire réduite à zéro, plusieurs millions de sans abri, des familles entières décimées sans ressources aucune, on est sidéré d’entendre sur France 2 au journal de 13 heures du Mardi 28 décembre 2004, un type indécent tout ce qui a de plus français, de retour à Roissy, se plaindre qu’on lui a gâché ses vacances, il y a de quoi vomir.

Oui, ils sont pourris de l’intérieur. »

Maintenant, j’espère que vous comprenez pourquoi le non est à 55 %. Et ne nous dites pas qu’il ne faut pas confondre politique intérieure et traité sur la Constitution européenne. Permettez-moi aussi d’utiliser une image comme Giscard : C’est un peu comme si vous nous donniez le conseil de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. Vous ignorez seulement que la plupart d’entre nous, non seulement ont très peu d’œufs, mais ne disposent que d’un seul panier, et il en est même qui n’ont pas de panier du tout !  Alors quand vous nous posez une question, car il s’agit d’une question pour savoir si nous souhaitons mieux vivre selon ce que vous nous avez concocté, il ne faut surtout pas s’étonner, qu’on soit contre. Avec toutes les promesses que vous nous faites, on a plus confiance.

Et qu’est-ce qui changera qu’on soit pour ou contre ? L’Angleterre, le Danemark, l’Espagne, la Belgique, les Pays Bas, la Suède seront toujours des royaumes, le Luxembourg, un duché, Monaco, une principauté, les riches seront toujours plus riches et les pauvres, toujours plus pauvres. Quand les grands de ce monde sont à festoyer autour d’une table bien garnie, à discuter de ce que sera demain, sachez qu’il en est aujourd’hui qui se rendent avec honte aux restos du cœur et qui ne savent pas ce qu’ils feront demain. 

Réfléchissez, Messieurs de la France d’en haut, et revoyez votre copie (Giscard va nous demander encore des sous pour s’acheter encore un autre titre de noblesse, il n’a pas encore dit adieu, à moins que quelqu’un d’autre ne s’en charge), et surtout ne nous dites pas que le traité de Nice, pour lequel vous ne nous avez pas demandé d’avis et dont vous êtes signataire, donc garant, est mauvais. Ça nous dégoûte encore un peu plus.

Nous, en tous cas, on a pris le temps de lire entre les lignes et le résultat transparaît immédiatement dans nos vies, mais il est vrai que vous ne pouvez pas comprendre.

Un électeur qui a voté non. Sciemment.

 

 

 

A propos du plan B évoqué par V. Giscard.
Celui-ci prétendait qu’il n’existait pas et il se mettait en scène comme un bateleur de foire en crevant un ballon sur lequel était justement inscrit Plan B.

C’était d’après lui parce que nous étions trop cons pour comprendre qu’il s’obligeait à nous faire ce cirque.

Et bien, Giscard nous a menti !

Le plan B existait et N Sarkozy l’a mis en scène par un vote du Congrès en 2008 pour annuler le NON des Français de 2007 !      

Serait-ce à dire que ses prochains référendums suivront le même protocole pour peu que leurs résultats ne convainquent pas nos élus ?

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